couverture du livre : Rol-Tanguy


Genre : Biographie
Parution : 2 mai 2013
PRIX public TTC : 29,00 €
Nombre de pages : 768 pages
ISBN : 979-10-210-0156-5
Droits à l'étranger : Non Disponible

«Rol-Tanguy, de Roger Bourderon»

Roger BOURDERON

Dans LIGNE DE FRONT - sept/oct 2013


Rol-Tanguy : des brigades internationales à la libération de Paris.

 

Les Éditions Tallandier ont eu la bonne idée de rééditer la somme consacrée à une figure légendaire de la Résistance, Henri Rol-Tanguy. Publiée en 2004 sous la plume du spécialiste du communisme et de la Résistance, l'historien Roger Bourderon, elle demeure sa seule biographie à ce jour.

Tanguy, Breton singulier né à Morlaix en 1908, est fils d'un officier marinier dans la « Royale ». Enfant fragile né avant terme, il passe sa toute petite enfance à Brest, choyé par sa mère, et est aux premières loges pour voir débarquer les soldats américains en 1917.

À partir de 1919, il évolue dans le contexte des grandes manifestations fomentées par les ouvriers de l'arsenal, solidaires avec la révolution russe. Il se découvre des dispositions pour le vélo et obtient son certificat d'études en 1921. Refusant de poursuivre ses études, il entre dans la vie active, aux PTT de Brest, qu'il quitte rapidement pour devenir apprenti-mécanicien. Peu discipliné, il est renvoyé et est embauché à la mise en bouteilles dans le chai d'un négociant en vins. Sa mère, qui ne s'entend pas avec son mari, quitte Brest avec ses enfants pour Paris.

En 1923, à 15 ans, Henri découvre un monde entièrement nouveau, qui le fascine : la métallurgie. Passant de Talbot à Renault, puis aux usines Ballot, il se lance parallèlement dans la compétition cycliste, pour lui extraordinaire école d'énergie, de formation et d'endurance physique. En avril 1929, il est rattrapé par le service militaire et sert chez les zouaves, près d'Oran, en Algérie. Soldat bien noté, il termine, en 1930, ses 15 mois de séjour oranais avec le grade de 1ère classe et une solide instruction militaire. Embauché chez Breguet comme métallo, dans une bonne ambiance, il n'est pas encarté au parti communiste. Ce sont les émeutes antiparlementaires de l'extrême droite de 1934 qui lui font franchir le pas. Il devient alors un adepte des préceptes de Lénine. Il paye le prix de ses activités syndicalistes en étant viré de chez Breguet en décembre 1935. 1936 le voit pour la dernière fois de sa vie exercer ses talents de métallo : il entre au syndicat des métaux et se lie d'amitié avec une figure communiste, Jean-Pierre Timbaud. En 1936 éclate la guerre d'Espagne, et, en février 1937, il s'engage dans les Brigades internationales. Tanguy devient commissaire politique au parc automobile des Brigades, puis missionné dans différents services, et côtoie André Marty. Le 18 juin 1938, notre homme est blessé au haut d'un bras par le feu d'une mitrailleuse. Il participe avec sa 14e Brigade à l'offensive de l'Ebre. Les Brigades étant relevées en octobre 1938, il rentre en France. Cette expérience de la guerre lui sera très utile quelques années plus tard.

Il se marie en 1939 avec Cécile le Bihan, dactylo du syndicat des métaux. Avec la déclaration de guerre, Henri est muté en Lorraine, en avant de la ligne « Maginot », où il partage l'inaction démoralisante des soldats de la « drôle de guerre ». « Affecté spécial » dans une usine d'armement, il se retrouve à Rivesaltes au sein du 28e RICM et franchit la Creuse le jour de l'Armistice Le 16 août, c'est la démobilisation. À la catastrophe de la défaite se superpose un drame personnel : celui du décès de sa petite fille, Françoise, morte de la diarrhée des nourrissons. Tanguy monte à Paris. Il retrouve ses camarades.

Débute alors la période la plus fondamentale de son existence : la résistance contre l'occupant nazi, dont le point d'orgue sera son rôle dans la Libération de Paris en août 1944 et qui s'achèvera avec la campagne d'Allemagne.



Twetter Partager