couverture du livre : La Division Das Reich. Tulle, Oradour-sur-Glane, Normandie, 8-20 juin 1944


Genre : Essais historiques
Parution : 3 avril 2014
PRIX public TTC : 11 €
Nombre de pages : 384
ISBN : 9791021004597
Droits à l'étranger : Non Disponible

«Du sang sur la France dans l’ombre de la Das Reich, juin 1944»

Max HASTINGS

Article dans l'Echo le 28/04/2014


Le 10 juin prochain, Oradour-sur-Glane va se souvenir de la barbarie nazie qui s’est abattue sur le petit bourg septante ans plus tôt. Une cicatrice qui ne s’est jamais refermée depuis, avec les ruines de l'ancien village restées en l'état. 
Un drame qui prend sa source un certain 8 juin 1944. Ce jour-là , «les 15.000 hommes, 209 chars et pièces d’artillerie de la 2e division Panzer Das Reich quittent Montauban dans le sud-ouest de la France pour remonter sur le front de Normandie qui s’est ouvert deux jours auparavant.  Ils vont entreprendre un mouvement de 725 kilomètres qui s’achèvera 15 jours plus tard sur le front normand. Le temps pour cette formation d’acquérir une réputation sinistre et de s’inscrire dans l’histoire parmi les plus atroces chapitres de la Seconde guerre mondiale.» 

Journaliste et grand reporter, Max Hastings relate cette épopée sanglante dans cet ouvrage  republié par les éditions Tallandier.  Un document captivant, parsemé de témoignages des deux camps, qui n’oppose pas le bien et le mal. La réalité historique fut en effet bien plus complexe en cet été 1944. Comme le soulignent les éditeurs, «cette enquête sur la division Das Reich, Max Hastings l’a voulue différente, d’une certaine façon dépassionnée, donnant la priorité à l’analyse (…) Sa vision critique éclaire autant les barbaries commises par la division SS que les erreurs dues à la témérité parfois contestable de la Résistance. » Cette dernière fut chargée, avec des équipes alliées parachutées en France, de retarder le plus possible la remontée des Allemands via des sabotages ou des coups de main contre des troupes isolées.  Une mission réussie mais payée au prix le plus fort. Pour briser l’élan de la Résistance, les SS ont en effet appliqué une méthode efficace et radicale : inspirer la crainte par des représailles terribles exercées sur la population, afin de la couper des maquis.

L’auteur rapporte à cet égard le courrier d’un maire, fatigué de devoir constater les pertes et les destructions : «le maquis se livre à une opération militaire, les Allemands arrivent, le maquis s’évanouit et la population trinque
Comme à Tulle où de nombreux civils furent pendus et à Oradour-sur-Glane, paisible bourgade entrée à jamais dans l’histoire le 10 juin 1944. Rendus furieux par l’enlèvement d’un officier, une partie de la Das Reich s’est ainsi déchaînée sur la population en exterminant sans pitié hommes, femmes et enfants. Soit quelque 600 personnes. Un village qui avait jusque-là échappé aux horreurs de la guerre. 
Une journée d’enfer racontée en détails par l’auteur. De quoi donner la nausée au plus blasé des lecteurs.
Sans nullement excuser la barbarie SS, l’auteur retrace les antécédents de la division en Russie où les soldats engagés sur ce front ne gardaient que peu d’espoir de revenir vivants.  Fatigués par ces longues années de lutte contre les partisans soviétiques, habiles dans les embuscades mortelles, les troupes SS de la Das Reich ont poursuivi en France les méthodes appliquées sur le front de l’Est. «Si Oradour fut un événement particulièrement horrible durant les hostilités à l’Ouest, ce fut hélas un modeste échantillon des abominations perpétrées  par l’armée allemande en Russie depuis 1941.» Pour un officier SS cité dans le livre «dans notre corps, cela (le massacre d’Oradour, ndlr) n’était rien

Arrivée sur le front de Normandie avec douze jours de retard, « la division allemande était tel un cobra qui, ayant agacé ses crocs contre un bâton agité devant lui, aurait considérablement perdu de sa dose de poison. » Certes, mais les combats n’en furent pas moins violents. Un soldat sur trois est revenu du front normand.
Un chapitre particulièrement intéressant relate le parallèle historique entre cette guerre de partisans effectuée par des francs-tireurs contre une armée en uniforme. Des méthodes allemandes qui furent également appliquées par Napoléon ou le maréchal Montgomery alors engagé en 1921 contre les insurgés irlandais. «Historiquement, explique l’auteur, les civils en armes ont toujours été passibles d’exécution sommaire malgré la convention de La Haye. La Das Reich était donc dans son droit en exécutant les résistants
Les terribles meurtres de masse d’Oradour et de Tulle ne furent malheureusement pas isolés en France comme l’auteur l’explique, avec le détail des prisonniers et otages exécutés. Au total, plus de 100.000 Français(e)s périrent, du fait de leur action clandestine ou lors de représailles.  
Pour Max Hastings, «le grand apport de la Résistance -celui qui  justifia le sacrifice de ceux qui donnèrent leur vie- fut finalement d’aider la France à retrouver son âme. »

Quant à la marche de la Das Reich en France, «elle figurera toujours parmi les plus atroces épisodes de la Seconde guerre mondiale. »

 

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