couverture du livre : Le Kaiser Guillaume II, dernier empereur d'Allemagne


Genre : Biographie
Parution : 2 mai 2014
PRIX public TTC : 20,90€
Nombre de pages : 320
ISBN : 9791021005174
Droits à l'étranger : Disponible

«LE KAISER GUILLAUME II, DERNIER EMPEREUR D’ALLEMAGNE»

Henry BOGDAN

Article dans metamag.fr le 14/05/2014


L’Empereur Guillaume II a une image désastreuse. Représenté coiffé de son éternel casque à pointe, il est la caricature du bellicisme germanique. Henry Bogdan nous informe sur ce qu’il fut réellement. Roi de Prusse et Empereur d’une Allemagne en pleine expansion démographique et économique, Guillaume II est le père d’une politique mondiale allemande (Weltpolitik) qui témoignait d’une grande ambition mais ne conduisait pas inéluctablement à la guerre. Passionné de sciences, d’archéologie et d’architecture, l’Empereur Guillaume II fut surnommé vers 1910 l’Empereur de la paix. De fait, à deux reprises, au Maroc, il refuse le jusqu’au-boutisme face à la France. Comme toutes les autres grandes puissances européennes et leurs dirigeants, l’Allemagne et Guillaume II lui-même ne sont pourtant pas sans responsabilité devant le déclenchement de ce qui allait être la Grande Guerre. 


 

Se laissant souvent forcer la main par le grand Etat-major, mais lui-même impulsif, Guillaume n’hésite pas à demander à la France de rester neutre en cas de conflit entre l’Allemagne et la Russie, mais même de donner en gage Belfort, Toul, voire Verdun. Pendant la guerre, Guillaume II cherche des portes de sortie vers une paix de compromis, il freine la guerre sous-marine par crainte d’une montée aux extrêmes, il est isolé face à Hindenburg et Ludendorff. L’essentiel se décide sans lui, mais on lui reproche d’être un « Empereur absent ». 

Pendant la guerre même, les souhaits de l’Empereur d’un règlement raisonnable de la question des frontières, par exemple avec le royaume de Pologne (un royaume sans roi) créé en 1916 se heurtent à l’intransigeance nationaliste des militaires de l’Etat-major, surtout de Ludendorff. L’Empereur sait parfois les bousculer, mais, bien souvent, il cède. Le refus français de tout compromis n’aide pas à un règlement pacifique dont on connait les conséquences, à savoir l’arbitrage des affaires européennes par l’Amérique. Chose peu connue aussi, Guillaume II était souvent à l’origine d’impulsions sociales face aux conservatismes de la société allemande. Il voulait aller plus loin que Bismarck en ce domaine. Sous son règne, la montée en puissance de l’Allemagne a été extraordinaire. Mais pas plus que d’autres, il n’a pu empêcher la grande catastrophe européenne. Cette personnalité beaucoup plus complexe que ce qu’on en a dit mérite d’être redécouverte. Bogdan le fait avec son bonheur d’écriture habituel.



Twetter Partager