couverture du livre : Les Furies de Hitler. Comment les femmes allemandes ont participé à la Shoah


Genre : Essais historiques
Parution : 18 septembre 2014
PRIX public TTC : 20,90 €
Nombre de pages : 352 pages
ISBN : 9791021004238
Droits à l'étranger : Non Disponible

«Rentrée littéraire : « Les furies de Hitler », de Wendy Lower»

Wendy LOWER

article dans Culture-J le 18/09/2014


« Les hommes étaient soulagés de n’être pas jetés dans le combat réel, dans la guerre contre les partisans. Tuer des Juifs sans défense était plus facile. » (P. 165).

 


Les furies de Hitler deviendra probablement une référence. L’auteur a accompli un travail courageux : elle a étudié le rôle des femmes nazies dans la Solution Finale. Jusqu’à maintenant, malgré les témoignages sur le sujet, une implication féminine active lors de la Shoah avait été jugée impensable. « Violence » ne pouvait s’écrire au féminin.

Grâce à l’ouverture des archives à l’Est et sans doute à son intuition féminine, les recherches de Wendy Lower donnèrent vie à ce livre. En plus de la qualité de son travail, elle a le mérite d’avoir levé au moins un tabou et d’avoir voulu comprendre.

Le livre montre tout le rôle de l’endoctrinement. Les femmes, tout comme les hommes, étaient conditionnés à mettre en oeuvre par tous les moyens la destruction de tout ce qui n’était pas basé sur le modèle de l’aryen en bonne santé, c’est à dire Juifs, tzigane, slaves, mais aussi les handicapés et infirmes, allemands ou non, et aussi probablement les blessés graves de l’armée allemande en Russie et en Ukraine.

Cependant, il faut avoir conscience que comparativement au livre de Wendy Lower, celui de Raul Hilberg, La destruction des Juifs d’Europe, bien que trois fois plus long, ressemble presque à une promenade littéraire bucolique. Certains passages des Furies de Hitler sont insoutenables !

Quoi qu’il en soit, ces deux ouvrages se complètent. Ils ne sont pas interchangeables. Ils sont écrits à des époques différentes, avec des angles de vues différents.

Dans Les furies de Hitler, des femmes sont replacées dans le contexte de l’époque, et les violences qu’elles ont commises y sont détaillées. C’est la ligne directrice du livre. A certaines de ces femmes-tortionnaires se rattachent des photos, qui ne les font devenir que plus réelles.

D’un point de vue pratique, et comme les personnes décrites reviennent de chapitre en chapitre sur une période très longue, dépassant de loin la période nazie, il n’est pas inutile parfois de se référer à l’index des noms de personnes, permettant de trouver instantanément les passages qui parlent d’elles et de les resituer.

En conclusion, si le livre et son sujet sont parfois à la limite du supportable, Wendy Lower termine sur une note un peu plus positive, et malgré sa dureté (liée au sujet d’ailleurs) ce livre est essentiel, et risque de devenir très vite incontournable.



Twetter Partager