couverture du livre : Paroles de soldats - Les français en guerre - 1983-2015


Genre : Mémoires et témoignages
Parution : 12 février 2015
PRIX public TTC : 20,90 €
Nombre de pages : 464
ISBN : 9791021004849
Droits à l'étranger : Disponible

«Le sanglot du soldat français»

Hubert LE ROUX, Antoine SABBAGH

Article du Figaro


Des Français en guerre dans une France en paix. Éric Zemmour présente un livre passionnant de témoignages de soldats pour éclairer ce paradoxe.

 

 

"Cyprien allait entrer au CP. C'est un petit bonhomme qui va avoir six ans en septembre. Son père devait être là pour la rentrée, à un ou deux jours près. Il me dit: "Papa va jamais me voir lire! Il va pas être là pour mon anniversaire!" Et puis, il y a Joséphine, trois ans: "Je voudrais juste faire un bisou à mon papa, là sur sa joue... il est au ciel, on peut mettre une échelle pour que j'aille lui faire un bisou, là sur sa joue?" L'hélicoptère de papa s'est crashé en Afghanistan. Papa est mort."


Depuis plus de trente ans, la France est en paix, mais des soldats français meurent pour la France. Depuis plus de trente ans, des soldats français sont morts alors qu'ils ne faisaient pas la guerre. Ce double paradoxe est au cœur de Paroles de soldats, qui alterne précis historique et témoignages. Les précis historiques sont clairs et complets (à l'exception d'une étonnante confusion entre Huntington et Fukuyama!); les témoignages ont la syntaxe hasardeuse de l'oral, mais sont toujours passionnants, souvent édifiants et parfois poignants.


Liban, Rwanda, Bosnie, Afghanistan, Libye, Mali, Centrafrique: le soldat français tourne autour de la terre qui ne tourne plus très rond. Il s'est engagé pour faire la guerre et il est devenu soldat de la paix -un oxymore; il accepte de ne plus être maître de lui-même par patriotisme et volonté de servir son pays; mais il risque sa peau pour protéger des populations étrangères qui l'ignorent ou le haïssent. Partout où il passe, ce sont les mêmes surprises, angoisses, états d'âme, désarrois. «Je vais abattre quelqu'un qui ne m'a pas tiré dessus, qui a commandité des meurtres, mais je ne suis pas un tribunal» (Rwanda). «On nous avait raconté n'importe quoi. On était partis défendre les Bosniaques opprimés par les méchants Serbes... mais les Serbes nous accueillent chaleureusement et les Bosniaques nous ont rafalés d'emblée» (ex-Yougoslavie).

Il fait une guerre factice en Irak dans les bagages de l'armée américaine en 1990; il risque sa peau en Afghanistan, pour défendre la stratégie et les intérêts de l'Oncle Sam. «Les Afghans, faut dire ce qui est, ils nous considéraient comme une force d'occupation.» Il essaye quand même de rester digne de l'image de l'armée française qu'il s'est forgée: «Le mec, on l'a pas tué, on l'a laissé repartir après. On est quand même des soldats français... La politique, c'est pas tirer n'importe où et faire n'importe quoi... C'est comme ça que vous gagnez petit à petit une population.»


 

Retrouvez la suite de la chronique d'Eric Zemmour dans Le Figaro du 26 mars et sur :

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/03/25/31003-20150325ARTFIG00380-eric-zemmour-le-sanglot-du-soldat-francais.php



Twetter Partager