couverture du livre : Permis de construire


Genre : Essais / documents de société
Parution : 19 novembre 2015
PRIX public TTC : 16,90€
Nombre de pages : 208
ISBN : 9791021016460
Droits à l'étranger : Disponible

«La profession de foi réformiste de Laurent Berger»

Laurent BERGER

Le Monde, 27/11/2015


Laurent Berger déteste autant les jeux de posture que les discours déclinistes. Dans un monde en transition où on essaie de « tout régler avec les recettes du passé », il juge le statu quo mortitere. Et il en a assez d'être accusé de « trahison » parce qu'il signe des compromis dans « une logique de construction du progrès ». Celui qui est aux manettes de la CFDT depuis trois ans, se lâche dans un petit livre pédagogique," Permis de construire",où il met au grand jour ses convictions.

Il n'y a pas de surprise, Laurent Berger est un syndicaliste réformiste pur sucre même s'il admet qu'il y a dans son engagement « une part d'utopie ». Le secrétaire général de la CFDT préfère le terrain « aux joutes avec les politiques ou les journalistes » - il tire de ses visites dans des entreprises des portraits bien croqués de militants - et il assume des positions qui « peuvent paraître transgressives parce qu'atypiques face aux dogmes syndicaux classiques ». Laurent Berger revendique haut et fort l'accord national interprofessionnel de 2013 sur la sécurisation de l'emploi - une dénomination qui, confesse-t-il, «n'incite guère au rêve» - signé par une CFDT qui se sent «parfois un peu seule ». « A force de rester bloqués dans le monde d'hier, écrit-il à l'intention de ses concurrents, FO et la CGT estiment qu'à chaque fois que nous avançons sur un sujet, nous sommes en train de trahir. Et dans quelques années, ils défendront les nouvelles formes d'organisation du travail. Ils auront raté le débat, mais ils jugeront ce que nous aurons initié comme un acquis. » Quant au Medef, il est «toujours en train de se plaindre, constamment dans l'idéologie, jamais réaliste ». Le syndicaliste consacre des chapitres bien charpentés à la transition numérique, à l'Europe,à l'entreprise, au « compte social personnel», des défis qui doivent amener la CFDT à une « refondation » de ses pratiques syndicales et à «aller au-delà du salarial traditionnel». Le choix est simple à énoncer, complexe à réaliser: « Penser long terme ou aller dans le mur ».Laurent Berger est persuadé qu'en 2017, la CFDT sera « le premier syndicat français ». Il n'occulte pas « des relations difficiles avec le politique » : « La gauche, écrit-il, a un hémisphère dialogue social assez limité. A droite, c'est l'hémisphère syndical qui l'est. » S'il n'évoque pas la place d'interlocuteur privilégié du pouvoir actuel que la CFDT occupe de facto, il met en garde les politiques qui pensent que «la seule utilité d'une réforme sociale est de faire baisser les chiffres du chômage le mois suivant ». Et il affirme que le « risque existe » d'une victoire du FN en 2017. Si la démocratie continue de « dériver ».

 

 



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