couverture du livre : Napoléon à Sainte-Hélène


Genre : Essais historiques
Parution : 1 avril 2016
PRIX public TTC : 25,90€
Nombre de pages : 512
ISBN : 9791021019300
Droits à l'étranger : Disponible

«LE FIGARO MAGAZINE, 15/04/2016»

Gilbert MARTINEAU

Napoléon, le dernier exil


C'était un personnage. Conservateur des Domaines français de Sainte-Hélène pendant trente ans, Gilbert Martineau était officier de marine. Né en 1918, installé à Londres, rallié à la France libre dès 1940, il avait servi pendant la guerre à bord d'un sous-marin anglais puis comme interprète, et de nouveau dans la Royale en 1954-1955. Familier d'un cercle d'artistes et d'intellectuels, il avait fréquenté Serge Lifar, Maurice Rostand, Jean-Paul Sartre, Jean Cocteau ou le prince Félix Youssoupoff avant de débarquer sur l'île de Sainte-Hélène, en 1957, afin de prendre les fonctions de consul honoraire de France et de conservateur des lieux où Napoléon avait vécu ses dernières années. Martineau s'était notamment attaché à entretenir et à restaurer le domaine de Longwood, où il avait continué à vivre après la fin de sa mission, survenue en 1987. ll est mort à la Rochelle, en 1995, laissant derrière lui une quinzaine d'ouvrages sur Napoléon, la famille Bonaparte et Sainte-Hélène.

Paru en 1981, son Napoléon à Sainte-Hélene, sans doute le meilleur livre sur le sujet vient d'être réédité. L'occasion en est fournie par l'exposition Napoleon à Sainte-Hélène « Napoléon à Sainte-Hélène, la conquête de la mémoire » qui s'est ouverte, la semaine dernière, au musée de l'Armée et qui peut être visitée jusqu'à l'été. Cette exposition permet de contempler le mobilier qui entourait l'Empereur au moment de sa mort, le 5 mai 1821, mais aussi de revoir comment le modeste logis de Longwood House, perdu au milieu de l'Atlantique, fut le theâtre d'une séquence à la fois politique, historique, symbolique et littéraire: l'écriture, au sens propre et au sens figuré, de la légende napoléonienne, du vivant de l'intéressé, très soucieux de l'image qu'il voulait léguer à la postérité. Sous la plume experte de Martineau, on retrouve la petite cour qui tenait compagnie à l'Empereur - Bertrand, Las Casas, Montholon, Gourgaud -, la mesquinerie de ses geôliers britanniques commandés par Hudson Lowe, la neurasthénie qui le frappait, puis les progrès de la maladie qui devait l'emporter. En refermant ce livre, même quand on n'aime pas Napoléon, on éprouve de la mélancolie.



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